Le Réseau AVEC

Les correspondant-e-s prennent la parole


Marie-Anne Hattab,

Inspectrice principale des impôts,

Direction des services fiscaux du Val d’Oise,

membre du réseau AVEC 95.


Qu’avez-vous réalisé en tant que correspondante du réseau AVEC ?

Au début, quand j’ai été désignée correspondante du réseau je ne savais pas très bien de quelle façon prendre les choses. C’est un peu le hasard qui m’a mise sur la piste de la première action à mener.

J’ai entendu parler d’une collègue battue par son mari. Cela a été déterminant. Je me suis dit qu’il y avait peut-être moyen de trouver une solution au sein du réseau. J’ai commencé par prendre contact avec l’assistant social de ma direction, très sensibilisé à cette question. Puis j’ai publié un article sur les violences faites aux femmes, sur le site de ma direction dans lequel je rappelais que l’assistant social est un interlocuteur à l’écoute des agents et avec qui toutes les difficultés peuvent être abordées, notamment, les violences subies. Sur ce terrain c’est un collaborateur précieux. Il se chargera d’ailleurs d’organiser une exposition sur ce thème, une exposition que nous empruntons au CIDFF (Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles) du Val d’Oise. Cette manifestation s’adressera essentiellement aux agents des services fiscaux, mais les usagers de nos services en profiteront aussi.

J’ai la chance d’avoir une hiérarchie qui me soutient entièrement. Le préfet a également marqué son attachement à l’égalité homme/femme en participant à la première réunion du réseau Val d’Oise. C’est très important d’être ainsi légitimée dans sa fonction.

Qu’attendez-vous du réseau AVEC ?

De rencontre en rencontre, cela devient vraiment un réseau. Je sens qu’il se crée une sorte d’osmose au-delà de la disparité des horizons. Au sein du Val d’Oise nous avons décidé de nous revoir régulièrement, avec une périodicité de 3 à 4 fois par an. Le réseau me permet d’être portée par le groupe mais aussi de tisser des liens à l’extérieur.

Le préfet a définit des axes prioritaires : les violences faites aux femmes, l’orientation et l’égalité professionnelle, le rôle des jeunes filles dans les quartiers. Pour avancer, il faut que je contacte des gens qui travaillent sur ces questions. Le réseau AVEC saura m’orienter.

Que vous apporte le réseau AVEC sur le plan personnel ?

Quand j’ai été désignée comme correspondante du réseau AVEC, j’ai cru qu’il y avait eu une erreur de casting. Je n’étais pas spécialement sensible aux droits des femmes et je pensais que la fonction publique nous garantissait l’égalité. Finalement je me suis rendue compte que notre statut ne nous protégeait pas des disparités.

Je ne circonscris pas cette prise de conscience à la sphère professionnelle. Dans le cadre d’une conversation entre amis par exemple, je n’hésite pas à pousser mes interlocuteurs dans leur retranchement. Tout en restant très calme. Je crois davantage à la pédagogie qu’à la révolte. Avant d’appartenir au réseau AVEC, je ne m’étais jamais engagée. Ce n’est pas toujours confortable, mais cela m’épanouit. Je me sens très humble dans ma mission, toute seule je ne pourrais rien réformer à grande échelle. Mais si par les actions que j’entreprends, je réussis à inciter des femmes victimes de violences à décrocher leur téléphone, ce sera une grande satisfaction.


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