Formations et diplôme

Les étudiant-e-s témoignent


Dans quel contexte vous êtes-vous inscrite au diplôme « égalité des chances entre les femmes et les hommes » ?

Je suis conseillère emploi à l’Etape, une association qui se trouve à Vire dans le Calvados et qui est très impliquée dans l’insertion sociale et professionnelle des personnes en recherche d’emploi.

Le travail de l’Etape sur l’égalité des chances entre les femmes et les hommes a débuté par une session de sensibilisation des salarié-e-s sur ces questions. A l’issue de cette formation, nous avons toutes et tous souhaité nous atteler à la rédaction d’une charte « égalité professionnelle » entre les salarié-e-s de l’Etape. Et cela, afin d’être cohérent entre le discours tenu lors de nos interventions auprès des publics en insertion sociale et professionnelle et notre mode de fonctionnement à l’interne. Avant de diffuser des informations auprès des stagiaires, il s’agissait déjà « d’être au clair » par ce que nous, professionnel-le-s entendions par égalité des chances entre les femmes et les hommes.

En m’inscrivant au diplôme, je souhaitais donc glaner le maximum d’informations sur ce thème, informations qui serviraient de ressources pédagogiques à l’ensemble de mes collègues, dans la prise en compte de cette thématique. Aujourd’hui, tout ce travail de réflexion à l’interne nous a permis de nous engager dans un processus de labellisation, et nous avons obtenu le label égalité auprès du Ministère de la cohésion sociale et de la parité. Nous sommes ainsi la 1ère association en France à être labellisée et nous sommes parmi les 17 entreprises l’ayant obtenu jusqu’à ce jour.

Quels sont les sujets qui vous ont le plus intéressés ?

Au début, j’ai eu un peu de mal avec le module sur l’Europe : il me renvoyait toutes mes lacunes en matière d’éducation civique européenne et je ne voyais pas bien ce que je pourrais tirer de cet enseignement. Mais au bout du compte il y avait de bonnes choses, cela a élargit ma vision du thème, notamment sur la manière dont l’Europe a contribué à diffuser la notion de mainstreaming. En fait j’ai eu énormément de plaisir à assister à chaque cours car, si j’avais l’impression que cela ne me concernait pas immédiatement, professionnellement parlant, tous ces cours se sont finalement assemblés en fin d’année et je peux maintenant faire des liens, compléter des informations des uns avec d’autres et mettre de la cohérence à tout cet enseignement. C’est une formation déstabilisante car elle nous renvoie aussi des choses plus personnelles mais cette phase est indispensable pour pouvoir prendre du recul et toucher les gens quel qu’ils soient.

En quoi cela contribue-t-il à enrichir vos pratiques ?

J’ai acquis une vigilance accrue concernant les inégalités entre les femmes et les hommes mais aussi une écoute particulière des femmes que je reçois. Pour les entreprises que je contacte, j’ai davantage de réactivité sans agressivité. Je pense que je peux ajuster mon propos selon les interlocuteurs/trices pour faire passer le message. J’ai des arguments qui tiennent la route car ils ne sortent pas « du café du coin ». Et je peux ainsi proposer une collaboration dans le sens de l égalité des chances entre les femmes et les hommes : ayant une connaissance plus complète, je sais un peu mieux où je mets les pieds.

J’ai aussi pris plus d’assurance et de confiance ! Depuis que la formation est terminée, nous avons pris contact avec nos partenaires habituels et il me semble que ce thème passe mieux. Beaucoup se disent fortement intéressés, concernés, et nous proposons des « ateliers du changement » comme démarche pédagogique où nous intégrons l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. Nous devons faire des propositions d’actions à destination de différents publics (salarié-e-s, demandeurs et demandeuses d’emploi, jeunes...) sur cette thématique. Le Conseil Régional se lance dans l’éco-citoyenneté et le développement durable, on est déjà dedans grâce à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes ! A suivre...

De plus, professionnellement, je dirais que le fait d’être diplômée me donne une certaine légitimité : le diplôme universitaire donne de la valeur au sujet. Si l’université s’intéresse à ce thème, cela signifie que c’est important !

Et personnellement ?

On peut être maman, avoir un travail, et poursuivre des études universitaires sans être « Super Jamie » ou une mauvaise mère ou une mauvaise épouse ! C’est possible et valorisant, j’espère donner l’envie à d’autres femmes de faire pareil.

J’ai gagné en assurance et en indépendance mais ce n’est pas toujours forcément facile a suivre pour les autres ! Il faut du temps ! Maintenant habitués à mes déplacements, enfants et mari ont appris à se passer de moi de temps en temps, les départs sont plus faciles. Ils sont moins dépendants de moi, j’ai laissé un peu plus de place à mon mari dans le foyer. Et, du coup, ils se connaissent mieux !

Et maintenant ?

J’aimerais pouvoir ne travailler que sur cette thématique, avoir plus de temps pour proposer des projets dans les entreprises, former des intervenant-e-s à la notion, tout en étant sur le terrain. Ce n’est pas encore à l’ordre du jour. Dans tous les cas, j’arrive toujours à distiller une petite dose d’égalité des chances entre les femmes et les hommes dans ce que je fais.

Je travaille notamment avec la Mairie de Vire pour élaborer une Charte « égalité des chances entre les hommes et les femmes » au sein des services municipaux, des commerçants, voire des entreprises. Cela prend du temps. Je rame encore un peu parfois, mais je ne désespère pas que cela aboutisse.

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