Les sports féminins et la télé...
Temps d’antenne des principaux sports (source CSA, 1995)
Disciplines classées en 4 catégories définies en fonction du pourcentage d’hommes et de femmes dans les fédérations sportives
En
lisant ces quelques chiffres, on s’aperçoit que les « sports masculins
» monopolisent le temps d’antenne. Or, il est probable que le
téléspectateur qui regarde le sport est généralement un homme exception
faite de la gymnastique ou le patinage, disciplines qui ont d’ailleurs
peu de couverture médiatique.
Une question se pose : quelle est la part du sport féminin dans le temps d’antenne de tous ces sports ?
Concernant le football, le rugby ou les sports mécaniques, il est probablement nul. Pour le tennis, même s’il est inférieur au temps d’antenne masculin (les matchs féminins se jouent en 2 sets gagnants contre 3 pour les hommes) la différence doit être minime. En effet, aujourd’hui, ce sont davantage les tenniswomen qui sont médiatisées que leur sport. Cette médiatisation est le fait d’une jeune génération de joueuses talentueuses, au caractère affirmé et « à la plastique irréprochable » d’après les dires des journalistes sportifs (Kournikova, Hingis...). A cela, il faut ajouter le peu de charisme des tennismen actuels. D’ailleurs, voici comment est présentée la jeune tenniswoman Anastasia Myskina dans le quotidien L’Equipe du 11 mars 2002 : « Agée de vingt ans, Myskina est un pur produit de l’école russe, dont les talents semblent inépuisables. Si son tennis agressif du fond de cours n’a rien d’original, elle se distingue de ses compatriotes par son teint ambré, ses cheveux bruns et des yeux d’un bleu ciel étonnant. » En outre, Anna Kournikova, autre jeune tenniswoman russe, gagne plus d’argent de par ses contrats publicitaires dus à son physique que par ses performances en compétition. A noter que dans la presse écrite, jamais plus de 25% de la surface rédactionnelle n’a été consacrée à la pratique féminine... Il est certainement probable que tout le battage médiatique autour du physique de ces jeunes femmes a amené des hommes à regarder le tennis féminin en les incitant ainsi à un voyeurisme sportif. Certaines institutions officielles comme la Fédération Internationale de Volley Ball ont compris l’impact de ces images sur l’audience en franchissant une frontière inadmissible. En effet, elle a imposé aux joueuses des tenues plus « sexy » : des petits shorts moulants (boomer ou shorty) et a vivement conseillé aux volleyeuses de porter des brassières pour rendre le volley plus attrayant et doper son audience. L’augmentation du temps d’antenne permettant de démarcher de nouveaux partenaires financiers, on peut se demander jusqu’où cela peut s’arrêter ! |
